L'eau n'est pas une ressource ordinaire. C'est un bien commun, un droit fondamental et un enjeu de souveraineté. Je défends une politique de l'eau ambitieuse, ancrée dans les réalités des territoires : protéger les captages, rénover les réseaux, anticiper les sécheresses — et garantir à chaque Français une eau de qualité, aujourd'hui et demain.
Qualité de l'eau Protéger les captages et éradiquer les pollutions
La France a fermé plus de 14 000 points de captage depuis 1980 — une perte considérable de résilience hydrique. Ces fermetures concentrent la pression sur un nombre toujours plus réduit de sources, et fragilisent l'approvisionnement en eau potable de millions de Français.
Les coûts de traitement liés à la pollution de l'eau potable par les pesticides et les engrais azotés sont estimés entre 750 millions et 1,3 milliard d'euros par an en France.
30 % des eaux souterraines sont aujourd'hui contaminées par des résidus chimiques. Une loi sur les PFAS a été adoptée en février 2025, mais les décrets d'application tardent.
La priorité est claire : protéger les captages en amont plutôt que de traiter une eau toujours plus polluée en aval. C'est moins coûteux, plus efficace, et c'est la seule approche durable.
›Étendre et renforcer les périmètres de protection autour de tous les captages d'eau potablecliquer pour en savoir plus
La loi de 1992 impose des périmètres de protection autour des captages — zones où les activités agricoles et industrielles sont encadrées pour éviter la pollution. Aujourd'hui, 84 % des captages en sont dotés, ce qui est un progrès. Mais 16 % restent non protégés, et dans les zones protégées, les contrôles sont insuffisants.
Je proposerai de rendre la protection intégrale obligatoire pour tous les captages d'ici 2030, avec un financement spécifique de l'État pour les collectivités qui peinent à engager les procédures — souvent longues et coûteuses.
›Accélérer la publication des décrets d'application de la loi PFAS de février 2025cliquer pour en savoir plus
Les PFAS — substances perfluoroalkylées, surnommées « polluants éternels » — sont présents dans des milliers de produits du quotidien et se retrouvent dans les nappes phréatiques, les rivières et l'eau du robinet. La loi du 27 février 2025 a instauré une surveillance obligatoire, mais les décrets d'application nécessaires à sa mise en œuvre n'ont pas encore été publiés.
Je porterai au Sénat une résolution demandant la publication rapide de ces décrets, et je proposerai d'inscrire dans la loi un délai maximum de publication — pour éviter que les lois restent sans effet faute de textes réglementaires.
›Interdire l'usage de pesticides et d'engrais de synthèse dans les zones de captage prioritairescliquer pour en savoir plus
Des sénateurs ont déposé des propositions de loi pour interdire l'usage des pesticides à proximité des points de captage d'eau potable. Ces initiatives restent à ce jour sans suite législative. Pourtant, le principe est simple : on ne peut pas polluer l'eau que l'on va ensuite payer à traiter — à un coût estimé entre 750 M€ et 1,3 Md€ par an.
Je défendrai une interdiction ciblée, progressivement étendue, dans les périmètres de protection rapprochée et éloignée des captages — avec des compensations pour les agriculteurs concernés, pour que la transition soit juste.
Réseaux d'eau Stopper le gaspillage : rénover les canalisations
Un litre d'eau sur cinq produit en France n'arrive jamais au robinet. Il disparaît dans des canalisations vétustes, souvent posées dans les années 1950 à 1970. Ce gaspillage représente chaque année l'équivalent de la consommation annuelle de 18,5 millions d'habitants.
Le rendement moyen des réseaux d'eau potable est de 81 % en France — soit 19 % de pertes. Dans les communes rurales de moins de 1 000 habitants, ce taux tombe à 71,5 % : près d'un litre sur trois est perdu.
Au rythme de renouvellement actuel (0,67 % du réseau par an), il faudra plus d'un siècle pour tout rénover. Le taux nécessaire est de 2 à 3 fois supérieur.
« Fermer des captages contaminés ou traiter l'eau ne constituent pas des solutions pertinentes. La priorité doit être donnée à la protection des captages et à la rénovation des réseaux. » — Instruction gouvernementale, 2020
›Créer un "Fonds bleu" national dédié à la rénovation des réseaux d'eau des petites communescliquer pour en savoir plus
Des sénateurs de tous bords ont demandé au gouvernement la création d'un fonds spécifique — sur le modèle du Fonds vert pour la transition écologique — pour aider les communes à financer la rénovation de leurs réseaux. La demande est restée sans suite à ce jour.
Je la reprendrai et la défendrai. Ce Fonds bleu serait prioritairement fléché vers les communes rurales, dont les réseaux sont les plus vétustes et les capacités d'autofinancement les plus limitées — et abondé par une fraction de la redevance eau versée aux agences de l'eau.
›Fixer un objectif national de rendement minimum des réseaux, avec délai contraignantcliquer pour en savoir plus
Un décret de 2012 impose déjà aux services d'eau un rendement minimum — mais les sanctions restent limitées, et 18 % des services ne sont pas conformes en 2023. La nouvelle redevance pour la performance des réseaux, entrée en vigueur au 1er janvier 2025, va dans le bon sens, mais ne suffit pas à déclencher les investissements nécessaires.
Je proposerai d'inscrire dans la loi un objectif national de rendement minimum de 85 % à atteindre d'ici 2035, assorti d'un accompagnement financier proportionnel aux efforts requis — et non d'une pénalité qui frappe les communes déjà en difficulté.
›Accélérer la connaissance patrimoniale des réseaux pour prioriser les interventionscliquer pour en savoir plus
Beaucoup de communes ne savent pas précisément où se trouvent leurs canalisations, quel est leur état, ni lesquelles fuient le plus. Sans cette connaissance patrimoniale, impossible de prioriser les travaux efficacement — et les budgets limités sont mal employés.
Je soutiendrai un programme national d'inventaire et de diagnostic des réseaux d'eau, financé par les agences de l'eau, avec mise à disposition d'outils numériques mutualisés pour les communes de moins de 10 000 habitants — qui ne peuvent pas financer seules ces études techniques.
Gestion quantitative Anticiper les sécheresses et sécuriser la ressource
Le changement climatique aggrave structurellement la disponibilité de l'eau en France. Les nappes phréatiques peinent à se recharger, les débits des cours d'eau diminuent, et les conflits d'usage entre agriculteurs, industriels et consommateurs se multiplient.
À l'horizon 2050, les projections scientifiques prévoient une baisse des débits des cours d'eau de 10 à 40 % et un ralentissement de la recharge des nappes de 10 à 25 % en moyenne nationale — avec des situations bien plus critiques dans certaines régions.
En Alsace, la nappe phréatique rhénane est l'une des plus importantes d'Europe — mais elle est soumise à des pressions croissantes : prélèvements agricoles, pollutions industrielles transfrontalières, imperméabilisation des sols.
›Adopter une loi de programmation nationale pour la gestion durable de l'eau à l'horizon 2050cliquer pour en savoir plus
La France dispose d'outils de gestion de l'eau — schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE), plans de gestion des étiages — mais ils sont éclatés, peu coordonnés et souvent insuffisamment financés. Il manque une vision nationale cohérente sur le long terme, qui intègre les projections climatiques et fixe des objectifs contraignants.
Je proposerai une loi de programmation sur l'eau — sur le modèle de la loi de programmation militaire — fixant des objectifs chiffrés de sobriété, de rénovation des réseaux et de protection des ressources, avec un financement garanti sur 10 ans.
›Développer les solutions de recharge artificielle des nappes phréatiquescliquer pour en savoir plus
La recharge artificielle des nappes consiste à injecter ou infiltrer de l'eau — issue des crues, des eaux de pluie ou des eaux traitées — dans les nappes souterraines pour reconstituer leurs réserves. Ces techniques existent et fonctionnent dans d'autres pays européens. Elles restent peu développées en France, faute de cadre réglementaire adapté et de financements dédiés.
Je soutiendrai la création d'un cadre légal simplifié pour les projets de recharge artificielle, avec des financements des agences de l'eau pour les collectivités et les gestionnaires de nappes qui souhaitent s'engager dans cette voie — particulièrement pertinente pour la nappe rhénane en Alsace.
›Renforcer la coopération transfrontalière pour la protection de la nappe rhénanecliquer pour en savoir plus
La nappe phréatique rhénane s'étend sur la France, l'Allemagne et la Suisse. Les pollutions industrielles ou agricoles ne respectent pas les frontières. Pourtant, les mécanismes de coopération transfrontalière sur la gestion de cette ressource restent insuffisants — les données ne sont pas toujours partagées, et les décisions de prélèvement sont prises de façon indépendante par chaque pays.
Je porterai au Sénat une initiative pour renforcer la Commission internationale pour la protection du Rhin (CIPR) et étendre son mandat à la gestion commune des eaux souterraines rhénanes — avec des objectifs quantitatifs et qualitatifs partagés entre les trois pays.
Gouvernance Donner aux collectivités les moyens de gérer l'eau
La gestion de l'eau est une compétence des collectivités locales — mais celles-ci manquent souvent de moyens techniques et financiers pour assumer pleinement cette responsabilité. Les petites communes sont les premières touchées.
›Renforcer les agences de l'eau et leur redonner des ressources à la hauteur des enjeuxcliquer pour en savoir plus
Les six agences de l'eau financent les politiques de l'eau en France via les redevances payées par les usagers et les industriels. Ces dernières années, leurs budgets ont été partiellement ponctionnés pour abonder le budget général de l'État — un détournement de ressources qui affaiblit leur capacité d'action.
Je porterai une proposition claire : les recettes des redevances sur l'eau doivent intégralement rester affectées à la politique de l'eau — rénovation des réseaux, protection des captages, lutte contre les pollutions — et non servir de variable d'ajustement budgétaire.
›Soutenir la mutualisation des services d'eau entre communes pour atteindre la taille critiquecliquer pour en savoir plus
Des milliers de communes gèrent encore leur service d'eau de façon isolée, sans les ressources humaines ni techniques pour assurer une surveillance et un entretien de qualité. La loi NOTRe a accéléré les transferts de compétences aux intercommunalités, mais la mise en œuvre reste difficile et conflictuelle dans certains territoires.
Je défendrai des incitations financières à la mutualisation volontaire des services d'eau — pour permettre aux petites communes de bénéficier d'une ingénierie technique mutualisée, d'économies d'échelle sur les investissements, et d'une meilleure surveillance de la qualité de l'eau.
›Garantir la transparence sur la qualité de l'eau et l'état des réseaux pour chaque communecliquer pour en savoir plus
Chaque Français a le droit de savoir quelle est la qualité de l'eau qu'il boit, combien est perdu dans les fuites, et dans quel état se trouvent les canalisations de sa commune. Des outils existent — la base Sispea rassemble les données de près de 3 000 services d'eau — mais ils restent peu accessibles au grand public.
Je proposerai de rendre obligatoire la publication annuelle, dans un format clair et accessible, des indicateurs de qualité et de performance de chaque service d'eau — avec une information directe aux usagers, par exemple sur leur facture.
Sobriété & usages Réduire les gaspillages, arbitrer les conflits d'usage
La sobriété hydrique n'est pas une contrainte imposée aux citoyens : c'est une condition de la durabilité de notre modèle. Elle passe par une meilleure répartition des usages entre agriculture, industrie et consommation domestique — et par des incitations plutôt que des sanctions.
›Développer la réutilisation des eaux usées traitées pour les usages non potablescliquer pour en savoir plus
La France est l'un des pays européens qui réutilise le moins ses eaux usées traitées — moins de 1 % contre 8 % en Italie et 14 % en Espagne. Ces eaux, après traitement, peuvent pourtant être utilisées pour l'irrigation agricole, l'arrosage des espaces verts, le refroidissement industriel ou le nettoyage des voiries — autant d'usages qui n'exigent pas une qualité potable.
Je soutiendrai la simplification du cadre réglementaire de la réutilisation des eaux usées traitées (REUT) et la création d'aides à l'investissement pour les collectivités et les agriculteurs souhaitant s'équiper.
›Établir des règles claires de partage de l'eau en cas de sécheresse, avec priorité à l'alimentation humainecliquer pour en savoir plus
En période de sécheresse, les conflits d'usage entre agriculteurs, industriels et consommateurs d'eau potable se multiplient. Les arrêtés préfectoraux de restriction sont souvent pris trop tard, de façon hétérogène selon les départements, et sans hiérarchie claire des priorités.
Je porterai une clarification législative : l'alimentation humaine en eau potable est prioritaire sur tous les autres usages, et les restrictions doivent être déclenchées selon des seuils prédéfinis et transparents — non laissés à l'appréciation discrétionnaire de chaque préfet.
›Lutter contre l'imperméabilisation des sols pour favoriser la recharge naturelle des nappescliquer pour en savoir plus
L'imperméabilisation des sols — parkings, zones commerciales, lotissements — empêche l'eau de pluie de s'infiltrer naturellement dans les nappes phréatiques. Elle aggrave à la fois les sécheresses (moins de recharge) et les inondations (ruissellement accéléré). La lutte contre l'artificialisation des sols est déjà dans la loi Climat, mais son application reste insuffisante.
Je défendrai des obligations de désimperméabilisation dans les projets d'aménagement de grande taille, et des aides aux communes pour végétaliser leurs espaces publics — non seulement pour le cadre de vie, mais pour reconstituer les capacités d'infiltration des sols.